Vigilence sur la superficie des locaux commerciaux

Une surface inférieure à celle visée au bail ne justifie pas une baisse de loyer si le preneur ne prouve pas que cette surface constituait un élément déterminant de son consentement. Cas d’espèce et enseignements à tirer.

Plus de deux ans après avoir pris à bail un local commercial, le preneur assignait son bailleur pour avoir loué des locaux pour une surface globale de 140 m2 dont environ 70 M2 de local commercial alors que les mesures effectuées ultérieurement révélaient une superficie inférieure. Il réclamait le remboursement du trop-perçu de loyer

La Cour d’appel d’Aix-en-Provence, saisie de l’affaire s’est attachée à rechercher les critères déterminants du consentement du preneur.

Ainsi relève-t-elle :

–    Que le rédacteur avait évoqué une surface approximative par le terme « environ »
–    Que dans la lettre d’intention, la superficie n’était pas mentionnée,
–    Que le preneur avait pu visiter librement les locaux avant de contracter le bail.

Selon les juges du fond, c’est l’emplacement, la double vitrine, la liaison du local à une réserve permettant d’entreposer les stocks, ainsi que l’absence de droit d’entrée dans les locaux (libres de toute occupation) qui ont déterminé le consentement du preneur, bien plus que la surface réelle des locaux.

La Cour d’appel d’Aix, dans un arrêt du 18 décembre 2015 en déduit que le preneur ne démontrait pas avoir été victime d’une erreur ou d’un dol ayant vicié son consentement. Elle déboute donc le preneur de sa demande en restitution d’une partie du loyer.

Cet arrêt est dans la lignée de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Paris en date du 25 février 2009. Celui-ci avait retenu qu’il appartenait au preneur de démontrer que le loyer avait été calculé en fonction de la superficie.

Rappelons qu’en matière de bail d’habitation, la loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014, prévoit expressément que si la surface habitable réelle est inférieure 5% à celle exprimée dans le bail, le locataire peut solliciter une réduction du loyer proportionnelle aux m² manquants.

Aucun texte équivalent n’existe en matière de bail commercial.

Pour les preneurs à bail commercial, il faut retenir de la jurisprudence les points suivants :

–    Eviter les surfaces mentionnées à titre seulement indicatif ;

–    Eviter l’emploi du terme « environ » qui peut être interprété par le juge comme une superficie indicative et préférer par exemple « une superficie comprise entre X et X » ;

–    Surtout, mentionner expressément que la surface indiquée constitue un élément déterminant du consentement du preneur et qu’au cas où elle se révèlerait inférieure de X%, le preneur serait en droit de réclamer une réduction de loyer proportionnelle aux m2 manquants.

Découvrez nos services et outils associés

Résiliation du bail commercial

Immobilier commercial

Résister à la demande de résiliation judiciaire du bail commercial par le bailleur

Vous venez de recevoir un commandement d’exécuter visant la clause résolutoire expresse du bail, ou une assignation de votre bailleur pour faire résilier le bail en justice.

Il va falloir réagir vite et de manière appropriée.

Vous venez de recevoir un commandement d’exécuter visant la clause résolutoire expresse du bail, ou une assignation de votre bailleur pour faire résilier le bail en justice.

Il va falloir réagir vite et de manière appropriée.

Et les ressources sur le même thème : "Rédaction ou négociation d'un bail commercial"

Immobilier commercial

Dénégation du statut des baux commerciaux en l’absence d’immatriculation des locaux 

Les conditions strictes dans lesquelles un locataire, dont l’établissement n’est pas immatriculé au registre du commerce et des sociétés, peut avoir droit au renouvellement de son bail commercial et à une indemnité d’éviction en cas de refus de renouvellement, sont rappelées dans une décision de la Cour d’Appel de Paris du 4 avril 2024.

Immobilier commercial

Quelles sont les annexes obligatoires d’un bail commercial ?

Le Bailleur doit mettre le Preneur en mesure de conclure en pleine connaissance de cause. A défaut, le Bailleur s’expose à des sanctions et le Preneur pourrait remettre en cause l’existence même du bail commercial. Quelles sont donc les éléments d’information dont le législateur oblige la co…

Immobilier commercial

Restauration et conduit d’extraction.

Le bailleur est tenu dès l’origine du bail commercial de délivrer au preneur un local conforme à sa destination contractuelle de restaurant. L’autorisation d’installer un conduit d’extraction des fumées sur la façade peut résulter du bail d’origine à usage de restaurant, le bailleur ay…

Immobilier commercial

Etendue du droit de préemption dont bénéficie le locataire de locaux commerciaux

Le preneur à bail commercial ne dispose pas d’un droit de préemption en cas de vente par le bailleur de locaux donnés à bail à des preneurs distinct et cela, même si les locaux portent sur des locaux situés dans un même immeuble ainsi que sur des locaux non commerciaux. Un bailleur est propr…

Contactez nos avocats

Premier rendez-vous de qualification de besoin gratuit